INTERVIEW 1996 - PARUE DANS ILLUSTRATION FILES
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M. Miura, Berserk est la première série que vous avez écrite et dessinée en tant que professionnel?
Oui, mais celle que j'ai réalisé à mes débuts professionnels était une histoire auto-conclusive. (* Berserk Prototype).
Quant vous avez commencé la version définitive, aviez vous dès le départ dans l'idée de créer une histoire aussi complète?
Non, au début je l'ai commencée d'instinct. En ayant reçu un prix d'une revue de mangas pour garçons , j'avais seulement l'intention de créer une histoire d'héroïc-fantasy avec un héros inquiétant. A cette époque, les histoires d'héroïc-fantasy étaient plutôt rares dans les revues de mangas: Bastard et peu d'autres. J'avais dans l'idée de faire quelque chose d'autre, de plus sombre… Cependant je n'avais que cette idée. Je ne pouvais faire de planification d'aucune sorte. Et puis, c'était la première histoire à épisodes que je faisais sans que le scénario ne soit écrit par quelqu'un d'autre, je ne comprenais même pas ce que je devais faire (rire). De toute façon, je pensais qu'il était important de créer un héros.
Guts est ce héros. Mais aviez vous ce modèle en tête depuis toujours?
La Science-fiction et la Fantasy me plaisent depuis la fin de ma période universitaire, je dessinais toujours dans ces styles là. Bien qu'ils ne correspondent pas exactement au modèle de Guts, dans ces projets il y avait quelques personnages qui lui ressemble. Il est né de l'accumulation de ces idées. Sa première ébauche ressemblait à un cavalier noir avec un bras artificiel, j'ai crée les autres caractéristiques en étant influencé par bien d'autres choses. Son personnage même est né d'une histoire de Fantasy. Mais en somme, au début c'était tout au plus très vague.
Quelle est l'origine du nom Guts? Aviez-vous déjà ce nom en tête?
Non (rire). Je l'ai inventé peu avant de débuter le projet. Je pensais que pour le protagoniste d'un manga pour garçons (*shonen), un nom dur irait bien. Ensuite, il me donnait l'impression d'avoir un côté allemand et ainsi, je l'ai choisi parmi beaucoup d'autres. Il y a une infinité de noms beaux et fabuleux, mais j'ai opté pour un nom assez sec uniquement parce que c'était une histoire pour garçons. Après j'ai appris qu'il existait un substantif allemand à la prononciation similaire qui signifiait "le chat". Je ne me rappelle plus bien, mais cela devait être "kazze" ou "gazze" (* katze, en fait, à mettre en comparaison avec la prononciation japonaise de Guts : Gattsu) J'ai pensé que cela allait bien avec quelqu'un comme Guts… au vu de son caractère, semblable à celui d'un chat sauvage. Mais en fait, c'est seulement une étrange coïncidence dont je m'aperçu par la suite.
Comment est venue l'idée de faire manier à Guts une épée gigantesque?
J'ai beaucoup insisté sur cette idée, j'ai intensément travaillé sur l'élaboration du canon de son bras et de l'énorme épée. On peut dire qu'un cavalier noir avec un œil en moins est une image plutôt commune. Cependant le canon et l'épée sont mes créations personnelles. J'appartiens vraiment à la génération d'Hokuto no Ken (*Ken le survivant). Alors, dans le travail de l'auteur de manga, la chose la plus importante, beaucoup plus que la construction de l'histoire des personnages, était de créer quelque chose d'unique. Il était prioritaire de créer quelque chose de particulier. Dans l'histoire d'Hokuto no Ken, l'Hokutoshinken (*l'Ecole Sacrée du Hokuto) était même plus appréciée que le personnage de Ken. Cette idée du Hokutoshinken, des personnages qui éclatent après avoir été frappés, était un concept vraiment fascinant. Parmi mes amis, c'était à la mode de chercher quelque chose de très particulier ou d'extravagant. Nous étions convaincus que celui qui arriverait à imaginer une telle chose pourrait réussir à être un auteur de manga. Moi aussi je le pensais et il m'est venu l'idée de créer quelque chose d'immense, c'est-à-dire une énorme épée …
Comment est venu le canon?
Au départ, j'imaginais plutôt quelque chose comme une arbalète. De même pour l'épée, j'avais une idée différente. Je pensais à une épée très tranchante comme un katana. Mais j'ai appris qu'en modifiant sa première vision au moins deux ou trois fois, on peut réaliser quelque chose de plus intéressant. Par exemple, j'ai transformé l'arbalète en un canon. Les histoires de Fantasy ne prenaient alors pas en considération l'époque à laquelle apparaissaient les canons. Il m'a semblait que c'était une nouveauté dans le genre, j'ai décidé de l'employer.
Avez-vous eu l'intention d'établir Berserk dans l'époque où furent introduits les canons?
Au début je fus tenté, mais les parties plus sombres de l'histoire sont de l'époque du haut moyen âge, pendant que celles qui lui confèrent un aspect glorieux se réfèrent à la période représentée par Versailles. Il s'agit de l'union de différentes époques. En définitive, j'en ai créé une nouvelle en réunissant différentes caractéristiques du moyen âge, de son début à sa fin. Par exemple, les scènes de bal à la cour de Midlands étaient typiques de la période finale du moyen âge, pendant que le féodalisme appartient à une époque bien plus ancienne. Même la chasse aux sorcières fait partie du premier moyen âge. Pour les Européens, tout cela apparaîtra étrange, comme pour les Japonais il est amusant de voir des images qui se référent au Japon réalisées par des auteurs étrangers. Pour nous, c'est très bizarre d'entendre des phrases du type : "Wow, un ninja". De toute façon, je suis convaincu de ce choix. Et je ne vise pas à une appréciation mondiale.
Les détails du moyen âge semblent vraiment recherchés. Avez-vous dû vous documenter?
Oui, parce que je voulais que les lecteurs soient vraiment immergés dans l'Europe médiévale. Je me suis surtout inspiré de films. En fait, avant d'entamer Berserk, je ne savais pas quel choix opérer: réaliser un manga historique en suivant exactement les événements réels, ou me lancer dans de la Fantasy pure… En tout cas, ce que j'ai étudié de l'histoire m'est utile maintenant. Il y avait même quelques faits que j'aurais pu employer au début pour mon récit, par exemple je savais que l'époque de Dracula coïncidait avec celle de Jeanne d'Arc, je pensais faire vagabonder Guts à travers l'Europe de cette période.
Pourquoi ne pas avoir utilisé cette idée, réalisant au contraire une histoire de Fantasy?
Je pensais que créer un récit en suivant exactement l'Histoire pouvait limiter mon imagination. Le maître Mitsuteru Yokoyama, qui a réalisé un manga historique, a débuté avec Tetsujin 28 (Super robot 28) et Babil Nisei (Babil Junior). Comme le maître Shotaro Ishinomori, qui s'est souvent voué aux mangas de "vulgarisation" (*mangas dédiés à un sujet spécifique) réalisa Cyborg 009… En suivant leur exemple, j'entends travailler avec mon imaginaire pendant que je suis encore jeune, pour me consacrer aux mangas historiques ou de vulgarisation quand je serai plus âgé.
Ainsi vous avez crée le monde de Berserk en vous basant sur votre imaginaire. Mais y a t-il quelque chose qui vous a suggéré des idées particulières?
J'ai pris des éléments un peu partout. J'ai puisé dans des films comme "Hellraiser" ou "le Nom de la Rose". Et des dessins d'Escher, que j'apprécie depuis longtemps. Les lecteurs de Berserk savent ce genre de choses, parce que j'en ai déjà parlé (*les commentaires apparus dans le Young Animal, la revue où Berserk est publié régulièrement). En outre, je me suis aussi inspiré des fables des frères Grimm.
En travaillant d'imagination, comment construisez-vous la structure du monde de Berserk?
C'est justement quelque chose que je devrais faire de temps en temps (rire). Je n'ai pas encore les idées très claires à cet égard.
Que nous sera-t-il dévoilé de ce monde? Dans le chapitre du souvenir, Griffith devient finalement un membre de la Main de Dieu. Jusqu'à présent l'histoire se passe principalement dans le monde humain, mais il apparaît de plus en plus souvent des créatures monstrueuses. Est-il possible que Dieu ou le Diable soient impliqués dans l'histoire?
Je n'y pense même pas. Si j'utilisais des mots comme "Dieu" et "Diable" le monde que je raconte deviendrait plus limité, privé de profondeur et d'originalité. Dieu et le Diable sont des créatures nées des pensées humaines. Ce discours est semblable au paradoxe de l'œuf et de la poule: lequel des deux est né le premier? L'existence de Dieu et du Diable est un reflet de l'existence humaine. Si je les faisais apparaître dans Berserk ils finiraient par êtres représentés à l'image et à la ressemblance des hommes. J'espère que les lecteurs acceptent cette idée… d'autre part je ne voudrais pas leur imposer ma vision des choses.
Parlons des arts martiaux. Il semble que dans Berserk les scènes de combats soient importantes...
Les arts martiaux me fascinent, mais je ne me suis pas particulièrement documenté en fait. A vrai dire, je dessine en imaginant des batailles de samouraïs ou de cavaliers, et non les arts martiaux tels qu'on les connaît. Je voudrais créer une harmonie entre la réalité et la fonction. Dans mon idée, je voulais que Guts et son épée puissent éliminer quelqu'un d'un seul coup. En réalité, je présume qu'il n'est pas facile de trouver une technique de combat similaire. Bien que j'aie récolté assez de matériel, je ne voudrais pas changer ma première vision des choses. Je désirais dessiner une histoire qui se place entre les mangas de vulgarisation sur les arts martiaux et les dessins animés plus fantaisistes. Je voulais donner la priorité à cette image, même si quelqu'un pourrait protester en disant que certains combats sont trop irréalistes. Je n'insérerais jamais une pirouette en l'air comme dans Hokuto no Ken, mais j'espère que les lecteurs accepteront au moins les scènes dans lesquelles celui qui est frappé explose, pour le reste je ne me sens pas responsable (rire).
Pourtant vous semblez être un véritable expert en arts martiaux, M.Miura. Berserk devrait être une histoire de cape et d'épée, mais dans le combat entre Guts et Griffith, cela s'achève sur un levier articulé...
Je ne sais sincèrement pas qui peut se définir comme un expert. Autour de moi il y a tant de personnes qui s'intéressent aux arts martiaux. Certains les pratiquent même. Par rapport à eux, je ne suis qu'un néophyte (rire). Si j'utilisais toutes les informations sur le sujet en ma possession, peut être pourrais-je en tirer une histoire. Mais, en pensant à ça... je préfère laisser ce champ à d'autres auteurs.
Cependant grâce à ces personnes vous vous y êtes intéressé …
Jusqu'à un certain point. Je préfère tout de même les mangas et les livres parlant d'arts martiaux, plus que leur pratique. Quelques fois, pourtant, j'ai trouvé très marquants certains épisodes de combat. Par exemple, j'ai été ébranlé de la rencontre de boxe entre Holyfield et Tyson. C'était enthousiasmant. Un de mes amis m'a offert la cassette vidéo; en regardant leurs corps à l'instant de la pesée, j'ai été saisi. Dans la catégorie des poids maximums, il n'y en a pas d'autres comme eux (rire). Le modèle du corps de Guts est le même que celui de Holyfield: ses muscles abdominaux sont divisés longitudinalement. Je n'avais jamais vu des abdominaux aussi marqués. Ils doivent s'entraîner d'une manière incroyable.
Lire des BD et des livres fait partie de votre travail. Avez vous d'autres hobbys extérieurs à la création de manga?
J'aime les jeux vidéos ( parce qu'ils demandent peu de temps ) et les jeux de simulation. J'aime aussi les jeux de "filles" (*jeux de relations sentimentales, de drague voir plus) et les jeux d'action. Je dirai que les titres à la mode m'attirent.
Les utilisez-vous pour vous distraire?
Oui, en effet, même si ce n'est que pour une heure par jour. Certains jeux sont capables de se finir en seulement deux heures, d'autres je ne les ais pas encore finis, mais je les reprends durant les congés. Dernièrement, j'ai acheté la Nintendo 64.
Comment organisez-vous votre temps entre le travail et les loisirs? Pouvez vous nous raconter votre journée type?
Je me lève à sept ou huit heures du soir. Je commence à travailler vers huit heures et demie/neuf heures. Après un peu de travail, je mange et ensuite je reprends. La pause suivante est entre trois heures et trois heures et demie. A six heures, je prend mon dernier repas de la journée, pendant laquelle je regarde les programmes de télévision que j'ai enregistrés dans les heures précédentes. Puis ensuite, il y a tellement à faire que je dessine jusqu'à deux ou trois heures de l'après midi. Les jours plus tranquilles, je finis à onze, onze heures et demie le matin. C'est ma journée type.
Décidez-vous aussi de la quantité de travail journalier?
Oui. Quant je ne peux pas finir en un jour, je remets au suivant… Donc, bien que le programme comprenne un jour de libre, je ne réussi jamais à en profiter. D'autre part, si je ne travaillais pas ainsi je serais toujours en retard avec les échéances. Je dessine assez vite au crayon, par contre pour l'encrage il me faut une vie!
Combien de planches dessinez-vous en un jour?
Au crayon, je peux en faire six. Je délivre (*mon travail) deux fois par mois. Je fais le story board à part, donc il est exclu du comptage des deux semaines de travail. Le temps pour le story board m'est garanti à part par le rédacteur, M.Shimada.
Qu'est ce qui est le plus compliqué à faire?
L'encrage. Les heures avant d'aller dormir sont les plus dures. Vers les six heures du matin, j'ai déjà travaillé environ douze heures. A ce moment là, je commence à fatiguer. De toute façon, malgré un travail autant organisé, il me manque toujours du temps. Pour cela, je prévois toujours un moment dans une journée de congé. Généralement cependant, lorsque je dessine au crayon, j'arrive à respecter le programme.
Comment travaillez-vous? Concentré ou en faisant autre chose?
Sauf quand je prépare le story board, j'ai toujours la télévision allumée. Ou alors j'écoute de la musique.
Cela signifie que la télévision est allumée, mais en même temps, vous enregistrez les programmes que vous verrez pendant la pause?
Oui, oui. Ca ne me gêne pas, comme des amis qui jouerais à côté de moi. Au contraire, cela m'aide à mieux travailler.
Y a t-il des objets qui vous sont indispensables pendant le travail?
Je bois beaucoup d'eau. J'ai toujours une bouteille d'eau minérale à portée de main.
Vous aimez le café?
Oui, j'en bois beaucoup. Au point d'avoir mal au ventre. Alors je bois du thé. Ou bien de l'eau. Quant je me sens mieux, je retourne au café. Quant je me sens à nouveau mal je recommence à boire du thé, puis de l'eau et ainsi de suite (rire).
Vous ne sortez jamais boire un verre?
Ce n'est pas que je n'apprécie pas, mais je le fais rarement… En fait, c'est aussi parce que les occasions sont vraiment rares.
Que faites-vous de vos journées de congé?
Je n'en ai pas. De toute cette année, je n'ai jamais eu un jour de libre. Prochainement j'aurai deux semaines de congé, mais je les utiliserais pour chercher une nouvelle maison (appartement?).
Alors vous ne voyez quasiment jamais le soleil?
Je regarde le jour se lever de la terrasse. Seulement, le soleil est trop fort et me fait mal aux yeux. Je ne peux me concentrer correctement qu'à la lumière d'une lampe. Je ne supporte pas la lumière du soleil. Je suis comme un vampire.
Vous pratiquez un sport?
Parfois je fais des flexions sur les bras ou des exercices pour les abdominaux. Mais ça dépend des périodes.
Malgré ça vous avez une belle allure. Peut être que ça provient de ce rythme de vie étrange mais constant...
Si le rythme de vie est régulier, je pense qu'on peut s'adapter à n'importe quelle situation. Souvent, je me dis que je suis taillé pour faire de la BD, que je suis né pour embrasser cette profession. Ca ne me pose aucun problème, une vie durant sans congés, mais extrêmement régulière. Au contraire, j'ai de la peine à me concentrer avec des imprévus.
Vous dites être taillé pour faire dessinateur, mais quant avez vous commencé à penser le devenir?
Il s'est passé tant de temps que je ne peux plus m'en rappeler. Je vous parle de lorsque j'étais à l'école maternelle. Je ne me souviens plus quel était le sujet de mon premier manga, je sais seulement que j'ai commencé à dessiner sur un cahier quand j'étais en seconde élémentaire. Durant mon enfance, la chose la plus agréable pour moi était l'appréciation de quelqu'un pour mes dessins. C'est tout à fait exact que l'enfant est le père de l'homme (*nos passions d'enfants définissent notre vie d'adulte…). Quand j'étais petit, notre famille déménageait souvent. Quand je changeais d'école, dessiner était un moyen pour me faire de nouveau amis. En repensant maintenant à ces années, je peux dire que je me reconnaissais seulement dans les leçons d'éducation artistique (rire).
Ainsi durant l'enfance votre divertissement principal était de dessiner, ou plutôt c'était votre point fort… Mais quant avez vous commencé à dessiner en pensant devenir professionnel?
Pendant le lycée. Jusqu'alors, je dessinais des mangas et je peignais, mais je n'avais aucune idée de comment on construisait une histoire. En fréquentant le lycée artistique, je me suis fait de nouveaux amis. Bien vite je m'aperçu que comparé à eux, qui s'intéressaient au cinéma, à la musique etc, j'étais une nullité. J'avais cinq amis qui voulaient devenir dessinateurs de mangas. Tous dessinaient, mais cultivaient d'autres passions. Par exemple, un jouait de la guitare. Rester avec eux était stimulant. Ils m'introduisaient à de nouvelles choses, me conseillant des films et me proposant des livres. Tout était vécu en fonction de l'objectif de devenir dessinateur. Je ne sais pas comment sont les lycéens d'aujourd'hui, mais en mon temps les amis étaient aussi un peu des rivaux. Entre nous, nous essayions toujours d'être en tête, mais c'était une compétition positive. Je voulais m'améliorer, mais pour réussir à atteindre mon but qu'aurait-je dû faire? Aurais-je dû voir chaque film et lire chaque livre? Je m'aperçu que pour faire des mangas, ça ne suffisait pas de savoir bien dessiner. Ensuite, à l'université, j'ai finalement commencé à m'exercer à la construction de l'histoire. C'est à cette période que je gagnais un prix comme auteur de manga.
Vous n'avez jamais travaillé comme assistant?
Non, jamais.
Alors, vous avez appris seul la construction des cases et la division de la planche?
Tout à fait. J'ai appris en procédant à tâtons avec mes cinq amis du lycée. En pratique, je n'ai jamais eu d'enseignant.
Même pas un auteur de manga qui vous aurait influencé?
Si, certainement, il y en a eu plein. Je dois quelque chose à tous les mangas de cette période. Je me fais influencer facilement, même si je ne peux désigner un auteur qui aurait eu plus d'influence que les autres. En quelque sorte, tous m'ont fascinés et ces influences se sont accumulées vertigineusement. Beaucoup d'auteurs ont contribués à définir mon style actuel.
Mais y a t-il une œuvre que vous préférez lire?
Non. J'apprécie tous les mangas que je lis.
Vous lisez les Bd des autres auteurs en pensant réutiliser les idées sur votre travail, ou bien vous les lisez seulement pour vous divertir?
C'est une question à laquelle je ne suis pas en mesure de vous répondre. Je suis un auteur, mais en même temps je suis aussi un lecteur.
En vous écoutant, vous affichez de nombreux intérêts. Avez vous un autre sujet que vous voudriez réaliser?
Enormément, mais je n'ai pas le temps (rire). J'ai commencé à écrire une histoire de science-fiction, mais je n'ai pas pu continuer. J'aurai besoin d'un peu de temps libre…
Vous n'avez jamais pensé à vous engager dans d'autres domaines? Cela ne vous plairait pas de faire, par exemple, de l'animation?
Je n'y pense pas vraiment. Peut-être pour copier mes amis, plus habiles que moi dans d'autres domaines. Donc je pense qu'il vaut mieux que je fasse mon métier. Et puis, je ne veux pas m'engager sur d'autre route en risquant, de cette manière, de ne pas finir Berserk.
Comme nous sommes revenus à Berserk, comment pensez vous faire évoluer l'histoire dans le futur?
Avant tout, je veux créer de nouveaux personnages féminins pour en raviver le monde. Je crois qu'il sera indispensable d'insérer d'autres femmes. Ensuite, je pense ajouter des personnages de premier plan qui interagiront avec Guts. Cela ne veut pas dire qu'ils prendront la place de la Troupe du Faucon, mais développer l'histoire uniquement avec Guts est toujours plus difficile. Ces personnages, différemment des les membres de la Troupe du Faucon, qui étaient très proches de Guts, pourraient même êtres ses ennemis. Je voudrais employer les seconds rôles de manière différente.
Interview faite le 4 décembre 1996 dans le studio de Miura et publiée dans l'art book Illustration File en 1997. Traduction et adaptation française pour le site BAE par lady Gally, d'après la version italienne de Keiko Sakisaka et Gianluca Bevere pour BChronicles, aidé de la version anglaise de Mist, pour SK.net
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