L'INQUISITION ET LA TORTURE
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Dans le manga, au cycle de la fête de la naissance qui débute au volume 17, on suit l'inquisiteur Mozguz, la chasse aux hérétiques avec ses bûchers et salles de tortures, la condamnation de la sorcellerie, etc. Alors, est-ce de la fiction? Non, et nous allons le voir de manière brève et résumée. Cet article se limite à l'inquisition médiévale; il y eu diverses époques dont je ne traiterait pas ici, tel l'inquisition espagnole, qui sont trop éloignés des inspirations du manga. Pour plus d'informations, je vous invite à aller lire les divers articles mis en liens au bas de cette page.
1 - L'INQUISITION EN REALITE
2 - L'INQUISITION DANS LE MANGA
3 - LA TORTURE

1. L'INQUISITION EN REALITE
INTRODUCTION
L'inquisition était un tribunal exceptionnel de l'Eglise catholique chargé de régler les questions relatives aux préceptes et dogmes religieux. L'inquisiteur était le représentant direct de l'autorité du Pape et avait tous les pouvoirs pour accomplir sa mission; on peux dire qu'il était au dessus de tous les autres tribunaux pour les cas relevant de sa charge. De plus, il pouvait démarrer une enquête de son propre chef, sans qu'il y ait eu plainte ou dénonciation auparavant et n'avait pas de compte à rendre à sa hiérarchie. Les inquisiteurs pouvaient rester en un lieu donné ou être itinérants. L'inquisiteur ne travaillait pas seul; il était accompagné de nombreux fonctionnaires chargés de rédiger les procès verbaux (greffiers), des hommes de loi, des geôliers, bourreaux, etc.
HISTORIQUE
De tout temps, l'Eglise catholique s'est préoccupé des hérétiques de tous genre. Avant l'inquisition, c'était aux instances civiles et religieuses ordinaires, les Évêques, que revenait la tâche de réprimer les idées hérétiques. Mais pas seulement. Les Etats eux-mêmes s'inquiétaient de ces problèmes qui pouvaient engendrer des troubles et travaillaient en collaboration avec l'Eglise. Les premiers cas de répression, les premiers bûchers, ont lieu au premier tiers du Xè siècle.
Les bases légales de l'inquisition seront posés lors du XIIè siècle mais c'est en 1230, soit au XIIIè siècle, que les premiers inquisiteurs seront nommés et que l'inquisition au moyen âge telle qu'on la connaît débute. C'est aussi au cours de ce siècle que l'inquisition connaîtra son heure de gloire. Par la suite, la vindicte populaire, les représailles des hérétiques et l'autorité ecclésiastique elle-même, avec une reprise de contrôle, feront que l'inquisition déclinera et perdra de son pouvoir jusqu'à disparaître de la pratique au XVè siècle.
LA MISSION DE L'INQUISITION
L'inquisition en tant que procédure s'est attaquées à de nombreux domaines. Au départ, elle servait essentiellement à régler les dérives internes de l'Eglise puis, rapidement, l'hérésie est devenu son principal centre d'intérêt. Au fil du temps, la dénomination d'hérésie s'est appliquée à de plus en plus de cas allant du reniement de la foi à la sorcellerie en passant par des cas moindre tel le refus de s'acquitter de l'impôt dû à l'Eglise. Les hérétiques en général étaient ceux qui, d'une manière ou d'une autre, remettaient en question la vérité de l'Eglise (dogmes) et s'en écartaient. Ainsi, les principales victimes de l'inquisition furent des sectes s'écartant de l'Eglise officielle, tels les Cathares et les Vaudois, qui, tout en étant de confession chrétienne, avaient leur propre interprétation de la religion.
QUELQUES GRANDS NOMS
Conrad de Marbourg
Né entre 1180 et 1200 en Allemagne. Premier inquisiteur nommé par le Saint Siège. Son fanatisme et quelques abus l'amèneront à être assassiné une dizaine d'année après sa nomination.
* Utilisé en tant que personnage principal de la BD "Le Troisième Testament".
Bernard Gui
Né en 1261 en France, dans le Limousin. Il fut nommé grand inquisiteur de Toulouse au début du XIVè siècle.
* Utilisé en tant que personnage important du roman et film "le Nom de la Rose" en tant que Bernardo Gui, décrit comme fanatique extrémiste.
Tomás de Torquemada
Né en 1420 en Espagne. Il fut à la tête de l'inquisition espagnole. Connu comme excessivement cruel et fanatique; il mis en place une répression sévère envers tout ce qui allait à l'encontre de la religion. Il ne voyageait plus sans une escorte de 250 soldats.
* Utilisé en tant que personnage important dans la BD "Requiem"; se retrouve dans plusieurs oeuvres littéraires et théatrâles.
2. L'INQUISITION DANS LE MANGA
L'INQUISITEUR
Dans Berserk, le rôle des inquisiteurs n'est pas différent de leur confrères réels. Ramener les brebis égarées dans le droit chemin, détruire les idées hérétiques et la sorcellerie. Une fois de plus, l'utilisation de la religion chrétienne est claire, sans la nommer toutefois. Mozguz, l'inquisiteur, nous est présenté comme un fanatique extrême, complètement aveugle à ce monde et ses réalités et prêt à tout pour ramener la vérité de l'Eglise parmi les gens du peuple. A la différence de la plupart des inquisiteurs historiques dont le but principal n'était pas la mise à mort des hérétiques (en principe), la seule rédemption aux yeux de Mozguz passe par la torture et le bûcher. Il représente à lui tout seul la somme de tous les clichés de l'imagerie populaire entourant l'inquisition et ses exactions.
LES BOURREAUX
De tous temps, les bourreaux ont existés. Professionnels chargés de la mise à mort des criminels, la fonction se transmettait de père en fils sur plusieurs générations. Ils étaient généralement mis à l'écart du village, vivant en marginaux, de par leurs métier "honteux". Dans le manga, Mozguz s'est entouré de paria de la société, difformes ou atteint de maladies invalidantes. Il leur a offert une vie et une place dans la société.
3. LA TORTURE
LE BUT
Le but de la torture, qu'elle qu'elle soit, était bien évidemment d'amener la personne soupçonnée d'hérésie à avouer ses crimes. Elle n'était mise en oeuvre, en théorie, que pour les cas où la personne s'obstinait dans son mutisme et avec des présomptions grave d'hérétisme; de plus, elle permettait surtout d'obtenir des noms d'autres hérétiques possibles. Comme on peut douter de la sincérité des aveux obtenus de cette manière, ils n'étaient pas reconnus devant le tribunal et devaient, pour être validés, être répétés par la personne de sa propre volonté. Ainsi, les archives des procès verbaux de procès ne font que rarement mention d'aveux obtenus sous la torture.
Officiellement, l'application de la torture est minimisée mais on peut imaginer sans peine qu'en réalité, le recours à la torture fut bien plus souvent utilisé que ce qui est reconnu. L'imaginaire populaire fait automatiquement le lien entre l'inquisition et la torture; sans doute là de manière un peu exagérée mais ces images sont indissociable l'une de l'autre. Il est clair qu'à l'époque, c'était un moyen tout à fait normal pour les inquisiteur pour arriver à leurs fins. Toutefois, il leur est souvent rappelé que le but n'était pas de tuer ou d'handicaper la personne soumise à la question mais bien d'obtenir des informations. Il existe un manuel de l'inquisiteur rédigé en 1376 en latin qui réglemente toute la procédure, y compris le recours à la torture.
LES MOYENS
Pour arriver à leurs fins, les bourreaux avaient de nombreux moyens divers et plus ou moins raffinés. Dans ce domaine, l'imagination humaine est sans limite. Miura semble s'être beaucoup documenté avant de se lancer. En effet, non seulement le réalisme de ses dessins est magnifique mais la plupart des moyens de tortures décrits sont tout à fait réels. Voir ci-dessous.
La vierge de fer

C'était une statue de fer ou de bois de grandeur réelle, représentant une femme, construite de manière plus ou moins complexe. Certaines fois elle était posée sur un piédestal qui pouvait s'enfoncer ou monter, de manière à mettre la tête la victime à la hauteur de la tête de la statue. L'intérieur était garni de pointes acérées qui rentraient dans les chairs lors de la fermeture des portes et tuait la victime.
Le supplice de la roue


Le supplice de la roue était couramment utilisé et pouvait différer grandement. Par exemple:
- Le bourreau brisait les membres de la victime avec une barre de fer; pour terminer, il lui assénait un grand coup sur la poitrine. Le condamné était ensuite attachée sur la roue, les membres revenant sous lui et laissé en exposition jusqu'à que mort s'ensuive.
- Le condamné était attaché à une roue garnie de pointes en fer que l'on faisait tourner face au sol garni d'autres pointes en fer qui le lacéraient.
- On pouvait aussi exposer le condamné attaché sur une roue à un bûcher en dessous de lui.
Le chevalet

Chevalet de la tour de Londre / Extrait du Dictionnaire de la Bible, de Dom Calmet
Une méthode connue depuis l'antiquité (les romains l'utilisaient déjà). Le condamné était attaché aux extrémité de la planche par les mains et par les pieds puis écartelé. Pour plus de raffinement, il y avait aussi des pointes sur le plateau qui lui déchiraient la chair. Le chevalet entraînait la mort de manière très rapide.
La chaise à clous

Chaise à clous européenne et chinoise (18ème siècle)
La chaise servait à recueillir des aveux et non pas à tuer. Le supplicié pouvait rester attaché à la chaise des heures, endurant de terribles souffrances.
Le bouc des sorcières

C'est une torture qui se rapproche de l'empalement. La victime est attachée au dessus d'un pieu acéré, on peut lui ajouter des poids pour la tirer vers le bas. Contrairement à l'empalement ou le pieu transperçait la victime, le bouc ne tuait pas.
L'écraseur de tête
Comme on le voit bien sur les images, la tête de la victime était placée sous une sorte de casque relié à un pas de vis. Il suffisait de tourner la poignée pour écraser le crâne. Ce supplice a été utilisé aussi pour les membres; doigts, pieds, organes génitaux...
Le fer rouge ou les braises

Moyen très souvent utilisé de diverses manières, le fer rouge entraîne des brûlures assez abominables. Son champ d'application est très vaste; il servait aussi pour l'ordalie, système de justice divine. L'accusé était blessé au fer rouge puis, selon la guérison de la plaie, il était déclaré innocent ou coupable.
Divers

Il existe encore une quantité de supplices plus ou moins horribles, comme les suspensions, arrachages, écartèlement divers ou écrasements dont faire la liste prendrait des jours. Mais tous cela pour vous dire, encore une fois, que tous ce que décrit Miura est malheureusement véridique...
Sources et liens utiles:
Heresie.com
wikipedia.org/Inquisition
wikipedia.org/Manuel de l'inquisiteur
wikipedia.org/Torture
wikipedia.org/Méthodes d'exécution
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